mercredi 8 août 2012

Partir un jour à San Francisco

 Partir un jour (mais avec un retour!)...



J'avais envie de m'exprimer ici sur mon futur projet, partir 5 mois à San Francisco, afin de rafraîchir, d'approfondir mes connaissances en anglais.
Oui, c'est rare que sur mon blog, je m'exprime sur ma vie privée, parce que 1) je n'en vois pas l'intérêt 2) j'aime rester secrète et discrète. 
Mais là, c'est différent, je m'envole le 11 août pour la côte californienne, du coup mon blog prendra sûrement une autre tournure. Bien sûr, je resterai attentive à ce qui ce passe en Europe, mais j'espère vous faire découvrir cette magnifique ville, la multitude de quartiers qu'elle offre, les bons plans que je dégoterai là-bas.

Partir à l'étranger pour 6 mois, à 33 ans, n'a pas été une décision facile à prendre. 
Cela faisait longtemps que je rêvais de pouvoir partir afin de parfaire mon anglais, j'attendais qu'il se passe je ne sais quoi pour prendre cette décision, peut-être de rencontrer un bel américain ou anglais et qu'il me fasse découvrir son pays et sa langue, ou qu'un beau cavalier sur son cheval à paillettes me prenne la main et me dise "Viens je t'emmène, nous allons faire le tour du monde, vivre d'amour et d'eau fraîche!"... Je rigole mais au fond de moi, je sais bien qu'il y a une part de vérité.

On le sait bien la vie n'est pas un long fleuve tranquille et ne nous apporte pas tout ce dont on rêve. Malgré un manque du coté affectif, je me suis toujours donné la possibilité de faire ce dont j'avais envie...
J'entends souvent de la part de mes amis que j'ai l'air heureuse (malgré mon célibat), oui je le suis, mais parce que je m'en donne les moyens, malgré que cela ne soit pas toujours facile à vivre. Ce sujet sera peut-être l'objet d'un autre post, mais ne nous éloignons pas de nos moutons!

Les années passent, les études terminées, je quitte les joies (et les pétages de plomb) de 6 ans de collocation pour m'installer dans un joli appartement rien qu'à moi et je commence ma vie professionnelle sans m'arrêter. C'était, il y a 8 ans.  Je tiens à dire que j'adore mon métier. Là n'est pas le problème...
C'est là que commence le bonheur de l'indépendance (surtout financière) mais aussi l'enfermement et le rythme effréné que notre société (et moi-même) nous imposent. Pas une minute pour penser, à part à ces prochaines vacances! Bus, boulot, dodo, vacances et c'est reparti!
On s'installe vite dans son petit confort, la joie de retrouver son appartement après deux semaines de vacances, tous ces points de repères qui nous rassurent et qui nous sont si chers.
Et un jour, on se réveille (ou pas), la vie nous réveille, elle nous rappelle que malgré notre jeunesse, nous ne sommes pas immortels et que si nous nous donnons pas les moyens de réaliser nos rêves, ils passeront sans doute à la trappe, avec nous dans un cercueil.

Dans mon cas, durant les six dernières années, la vie m'a plusieurs fois rappelée qu'il fallait que je profite d'elle au maximum. On écoute, on l'entend, on lit des livres de Paulo Cohelo (private joke) et de développement personnels en tous genres mais nous sommes vite happés par notre quotidien.

Voilà, moi, je me suis réveillée un jour fin janvier, ne me sentant pas épanouie, avec la sensation que je devais avoir un nouveau projet. J'ai appelé une amie, qui m'a dit de lister mes envies et dans cette liste, il y avait, partir apprendre l'anglais aux USA pendant 6 mois. Ni une, ni deux, cette amie, que je ne remercierais jamais assez, m'a poussé à entreprendre les démarches rapidement, à ne pas trop réfléchir et à aller au-delà de toutes mes peurs (et je peux vous dire qu'elles sont et qu'elles étaient nombreuses). Dès le lendemain, je lançais la machine infernale en envoyant à mon supérieur  hiérarchique un mail lui demandant un entretien, afin de lui demander un congé non rémunéré tout en gardant ma place. Deux semaines plus tard, j'avais mon entretien avec cette personne, qui accueillait mon projet les bras ouverts (et pourtant ce projet n'a aucun lien avec mon job), elle me félicita et m'encouragea à foncer!
Bon, ça c'était fait! Je n'avais donc plus le choix, je devais partir et enchaîner les papiers administratifs relatif à ce voyage!
Pendant plus de deux mois, je me suis attelée après le boulot:
- à décider où j'allais partir, j'ai longtemps hésiter entre NY, Los Angeles et San Francisco.
- à chercher une école là-bas, où je ne trouverais pas toute la communauté française du pays.
- à chercher un logement
- à sous-louer mon appartement durant mon absence
- à mettre en ordre mes assurances maladies afin d'être bien assurée là-bas, car vaut mieux être surassurée quand vous allez aux USA, sinon vous risquez bien de rester sans soins ou d'être runiné, si il vous arrive quelque chose.
- à avertir ma gérance, les impôts, la poste, de mon absence
- trouver un logement pour mon chat, le tigre
- Et le plus gros, obtenir un visa d'étudiante pour les USA, là commence le parcours du combattant pour réunir tout ce qu'ils vous demandent!

Et là, je vous assure qu'on est pas loin d'une soixantaine de mails, lettres en tous genres!

J'ai donc bouclé cette longue liste au début du mois de juillet en allant finaliser mon visa à l'ambassade des Etats-Unis à Berne. Après deux heures et demi d'attente, de contrôles, de fouilles, j'en suis ressortie avec la promesse que mon visa me serait renvoyé tout bientôt, ce qui fut le cas deux jours plus tard!

Il me resta donc plus d'un mois, pour finaliser mon voyage, dire au revoir à mes amis, trier mon appartement, et pour faire mes valises,...
Une belle façon aussi de me rendre compte de ma consommation en matière de fringues et de chaussures, à redécouvrir des vêtements que j'avais complétement oubliés! Et pourtant, je suis l'ordre incarné mais malgré mes rangements quotidiens, mensuels et annuels, c'est fou à quel point l'on peut entasser! Ce tri m'a également fait beaucoup de bien.

Voilà, je suis désormais prête à partir, il me reste plus qu'à finir mes valises et à nettoyer mon appartement... Et pourtant, j'ai la peur au ventre, peur de me retrouver en tant qu'étudiante avec des personnes plus jeunes que moi, peur de ne pas me faire des amis, peur de ne rien comprendre, en gros peur de quitter ce que je connais par coeur, et de partir à l'aventure! Mais je sais que c'est normal... et que c'est une étape dans le lâcher prise.

Je relis les nombreuses lignes que je viens d'écrire et je me sens un peu comme après être passée dans une émission type C'est mon choix ou Ça se discute! Une belle thérapie avant de partir! :-)
Si vous aussi, vous avez des projets au fond de vos tripes, que ce soit de déménager dans un autre quartier, dans la rue d'à côté ou d'aller faire le tour du monde! Foncez! Certes cela demande de l'énergie, des économies, des choix, d'aller au-delà de ses peurs mais quelle satisfaction d'être fier de soi!

©Olivier Lemire-http://olivierlemire.wordpress.com/

8 commentaires:

  1. Bravo pour le courage! Profite un max! Tout va bien se passer!
    Un lecteur occasionel :)

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  2. Je l'ai fait , j'ai atterri a SF il y a 2ans et demi. Tu ne le regretteras pas. Si jamais tu as besoin d'un truc en passant par SF n'hesite pas.

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  3. Ca te va bien d'ouvrir ton coeur ch'tite ;-) Je te dis encore BRAVO BRAVO ET BRAVO ! Impatiente de lire les récits de ton périple. Gros gros becs et bel envol...

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  4. Quel bel article! Bravo pour ton courage, c'est formidable de se lancer dans un tel projet. Je me réjouis déjà de découvrir ici toutes tes aventures américaines. Bon voyage et à très vite!

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  5. Je suis émue à la lecture de ce post car ton rêve c'est également le mien... sauf que moi je ne veux pas de billet retour !
    Hâte de te lire à nouveau, bon courage ! il y aura forcément quelques moments difficiles, désillusions... mais je suis persuadée que cette expérience vaut tous ces efforts.
    Caroline

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  6. comme je t'envie... j'en rêve aussi et je n'arrive pas à faire le pas... même pour déménager, tu as peut-être vu sur mon blog, j'ai essayé mais la vie m'a rappelée à l'ordre... je suis super fortiche pour rester 12 ans dans un appart que je n'aime pas vraiment (et c'est comme ça pour tout le reste dans ma vie, je te fais pas un Ca se discute non plus mais bon)... Alors BRAVO, profite et je me réjouis de suivre tes nouvelles aventures californiennes!

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  7. Merci à tous pour vos gentils commentaires, ça fait chaud au coeur! Je n'ai pas eu encore le temps de répondre à chacun car je viens d'arriver à SF et le temps me manque! Pas facile de retourner aux études et d'avoir des devoirs à faire! Mais le moral est bon et je suis toute excitée de ma nouvelle vie temporaire.
    @Caroline: Fonce! Les années passent et pourtant tout est toujours à sa place. Osons le changement! En tout cas, je t'y encourage. Bon,c'est toujours difficile d'obtenir une green card mais pas impossible!
    @Polly: Je croise les doigts pour un appart', t'as déjà pensé à payer une gérance pour avoir un appart', j'ai une copine qui a fait comme ça. Je t'envoie plein de belles pensées du pays du rêve!

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