vendredi 21 septembre 2012

Les artisans d'Hermès

En apprenant par le biais d'une publicité sur un cable car, qu'allait se dérouler le Festival des métiers d'Hermès, du 20 au 24 septembre 2012, à San Francisco, à Union Square, ma curiosité s'est éveillée...
Et elle ne fût pas déçue!
En y allant, j'ai pensé y rester une heure tout au plus, en voyant la taille de la tente où se déroulait l'événement, je me suis dit, en 30-45 minutes le tour sera fait...
Eh ben, vous savez quoi? J'y suis restée 5 heures, tellement j'ai trouvé la rencontre avec ses artisans passionnante. Bon, il faut dire aussi pour profiter de parler en français avec ces pauvres gens qui ont dû supporter ma légendaire soif d'apprendre et mon manque de conversation dans ma langue maternelle!

J'ai pu y découvrir quelques uns des artisans qui produisent les sacs tant convoités, les ceintures, les bijoux, les foulards, les montres, les vêtements de cette marque.
Des gens passionnants, plus gentils les uns que les autres, qui ont pris le temps de répondre à mes questions, qui m'ont montré leur minutieux et incroyable savoir-faire avec une extrême modestie. J'en suis encore toute époustouflée.
J'ai vraiment trouvé ça génial de pouvoir rencontrer les petits lutins qui se cachaient derrière la fabrication des produits de la grande marque de luxe qu'est Hermès, et surtout qu'on mette en avant ces personnes qui font que sans elles, Hermès ne serait pas Hermès. 
En voyant le minutieux travail de ces artisans, on comprend mieux les prix, malheureusement les salaires de ces personnes ne sont pas à la hauteur de leurs savoir-faire (certaines touchant le SMIC).
Ce qui est certain, c'est qu'après avoir vu la complexité du processus de production des différentes pièces ciglées Hermès, on comprend mieux l'exclusivité associée à ces produits de grand luxe. Pas de pitié donc pour les "Khelly" contrefaits en plastique qui sentent le pétrole, ni pour les cravates étiquetées "Hermèss"!

J'y ai appris des tonnes de choses! 
J'y ai même rencontré une suissesse qui fabrique les montres dans l'atelier de la marque, près de Bienne.
Une centaine de personnes y travaille pour gérer les nouvelles réalisations, les réparations mais également les commandes spéciales. Le bracelet de la montre peut être personnalisé avec les couleurs (cuir ou couture). 



Dominique, un des maroquiniers français, qui travaille dans le magasin à San Francisco, où il effectue diverses réparations, m'a expliqué qu'Hermès utilise le procédé de la scellerie qui n'a pas changé depuis des centaines d'années. Tous les sacs Hermès sont fabriqués en France. La difficulté pour les artisans: apprendre le modèle pour pouvoir le reproduire à l'identique. Quand on est engagé en maroquinerie chez Hermès, on doit obligatoirement suivre une formation d'une année, pour apprendre les savoir-faire propres à la marque.
Des commandes spéciales sont possible mais en restant dans le modèle de base pour garder le cachet Hermès. Il m'a également appris qu'il fallait  +/- 18 h pour réaliser un petit sac et 22h pour un grand.
J'ai été stupéfaite d'apprendre qu'Hermès était une des seules marques de luxe française à faire un sac entièrement à la main. Même Louis Vuitton utilise des machines, ce qui n'empêche certes l'excellente qualité de la marque.









Puis, je suis passé chez le chemisier, une dame charmante qui m'a expliqué l'assemblage et les diverses coutures nécessaires à l'assemblage d'une chemise Hermès. Et c'est là qu'elle m'a appris qu'il faut 8 semaines de la commande à la réception de la chemise par le client.
















J'ai eu également la chance de pouvoir assister à la démonstration de la fabrication du fameux carré d'Hermès, qui est teint avec des différents pochoirs (technique dite du cadre plat) sur lesquels sont appliqués les une après les autres les différentes couleurs du carré. La technique qu'ils utilisent est traditionnelle, elle s'appelle "à la Lyonnaise", typique de Lyon. Depuis 1937, la soie Hermès est réalisé à Lyon et imprimé à Lyon.
Les colorants utilisés sont chimiques mais à base végétale.
L'ensemble du processus prend environ deux ans, de la conception à la création de la pièce, en utilisant la soie de Lyon et plus de 75.000 couleurs créées par les artisans. 
Je suis restée sans voix devant ce "show".










Ce n'est qu'après avoir assister au processus de la teinture du fameux carré, que j'ai rencontré une des artistes qui reproduit les dessins qu'Hermès choisis pour être imprimer sur ses foulards.
Son métier consiste un, à déterminer le nombre de couleurs dont elle aura besoin pour reproduire le dessin de l'artiste, deux, à dessiner chaque planche pour chaque couleur afin de fabriquer les différents pochoirs nécessaires à chaque couleur.
Ce qui est le plus dur dans son métier, c'est que tout est dessiné en noir et blanc mais qu'elle doit penser en couleurs. Elle doit également reproduire avec précision chaque détail, chaque texture, et s'imaginer comment l'auteur du dessin initial à réaliser telle ou telle partie.
A savoir qu'il n'y jamais aucun contact entre la dame qui reproduit les dessins et les artistes qui ont conçu les oeuvres originales pour Hermès.
Pour l'illustration de cette indienne, qui sera cet automne en magasin, il a fallu définir 46 couleurs (on ne peut pas en choisir plus sinon le séchage serait trop long lors de l'étape de la teinture), rien que pour le visage, il a fallu choisir 15 couleurs.
Il a fallu environ 2000 heures de travail afin de reproduire cette belle amazone, soit environ une année.
Actuellement, elle travaille sur un modèle qui sortira dans 2 ans. 







Ma petite visite s'est poursuivie avec la confectionneuse de cravate.
Cette fameuse cravate est cousue d'un seul fil, que l'on peut voir légèrement dépasser au dos, et qu'il ne faut en aucun cas couper, car il sert à réajuster la cravate, si un point baille ou qu'elle est un peu "tordue". 
J'ai également appris qu'il ne faut JAMAIS laver une cravate Hermès soi-même mais l'amener au lavage à sec, ni la repasser d'ailleurs (juste les bouts, car sinon cela enlève son "bouffant").
Il faut une trentaine de minutes pour en produire une.






La suite de ma visite passa également par la décoratrice qui décore les verres à la peinture à l'or et par la remailleuse (twin-set linker)...








Et cette journée s'acheva avec la ravissante et très habile Faustine, qui m'initia au métier de bijoutière-sertissseuse en me montrant comment elle allait ajouter à l'aide d'un outil dentaire et d'un microscope, 999 diamants bruns sur une pièce d'or, qui ira ensuite ira s'insérer dans le bracelet ci-dessous, qui se vendra par la suite pour plus de $ 400,000.





  
Voilà en résumé, la FABULEUSE journée que j'ai passé dans le monde d'Hermès à rencontrer des personnes fantastiques aux métiers incroyables, si vous en avez l'occasion et que cet événement passe dans votre ville, allez-y sans hésiter!

3 commentaires:

  1. Excellent reportage les explications sont interressantes et precises,merci cerise!!

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  2. De rien, j'ai eu un réel plaisir à rencontrer ces gens et à découvrir chacun de leur métier. Je pense avoir mis tout l'émerveillement que j'ai ressenti, dans cet article.

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  3. Super post ! une chance incroyable, merci de nous l'avoir fait partager !
    La sertisseuse aux ongles longs et nickel, une leçon de mode, punaise ! ;)

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