mercredi 17 octobre 2012

Pourquoi autant de SDF à San Francisco?


On ne peut que se poser cette question en arpentant les rues de San Francisco. Les homeless (sans abris) sont omniprésents dans cette ville, incontestablement plus élevé en proportion que dans bien d'autres villes américaines.
La première fois, en me retrouvant face à tant de misère, je fus choquée car je n'avais pas l'habitude d'être confrontée à ça. En Suisse, c'est vraiment rare de voir quelqu'un à la rue.
Je crois que ce qui me choque le plus, c'est surtout de voir tant de pauvreté dans un pays si développé.
Les semaines passant, ils sont devenus une partie de mon quotidien, de mon paysage, comme pour la plupart des gens qui habitent ici, c'est presque devenu normal.
Mais il ne se passe pas une semaine sans que je sois triste en rencontrant une de ses personnes en train de hurler son désespoir, voir en train de pleurer, ce qui m'est arrivé pas plus tard que ce soir.
Cette femme pleurait, sanglotait, sincèrement j'aurais voulu pouvoir faire quelque chose pour elle, rien que lui parler... Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait... Peut-être parce que je ne suis pas à l'aise avec ces gens et leur situation, par peur (quelquefois ils peuvent être imprévisibles) ou encore car je ne maîtrise pas assez la langue anglaise,...
J'y pense souvent, qu'est ce que je pourrais faire à mon échelle pour aider ces gens?
Leur donner un ou deux dollars, leur sourire (ce que je fais à chaque fois que j'ai un "eye contact" avec l'un d'eux), leur offrir un sandwich (ce que je fais également), aller m'inscrire comme bénévole pour leur servir un lunch (j'y songe sérieusement)?
Certains sont drôles et je converse avec eux, comme ce monsieur sur la photo, qui m'a bien fait rire avec sa pancarte. D'autres sont créatifs, comme celui que je croise chaque jour en train de jouer de la batterie avec 5 ou 6 seaux en plastique et quelques bouteilles ou encore ce monsieur qui monte sur une caisse en plastique et fait avec beaucoup de mal la statue!

J'ai eu par bribes quelques réponses en posant la question à mes professeurs et aux gens que j'ai rencontrés.
Ce qu'il faut d'abord savoir, c'est que beaucoup d'entre eux, ont divers troubles mentaux, et que leurs places devraient être plutôt dans un hôpital psychiatrique que dans la rue.
Ces malades mentaux ont jetés dans la rue quand Reagan, alors gouverneur de la Californie, avait décidé de fermer des hôpitaux psychiatriques.
Il y aussi pas mal de vétérans du Vietnam (très souvent mutilés), d'autres sont des jeunes soldats qui ont subi des préjudices matériels et psychologiques infligés durant la guerre et qui ont mal vécu le retour à la vie civile. Il y a également des personnes ayant un peu trop abusés du LSD et d'autres drogues durant les années 70 et qui se sont abîmé le cerveau, et beaucoup de laissés pour compte dans une société active et dynamique qui n'intègre pas les faibles.

Ce nombre élevé est aussi apparement lié à un climat égal sans saisons extrêmes, favorable à la vie de la rue et à l'effet miroir aux alouettes de l'allocation mensuelle de quelques centaines de dollars donnée par la ville.

Voilà, les SDF font partie de cette ville et pour moi c'est une réalité de ce pays, le reflet de l'idéologie et du système politique des Etats-Unis qui ignorent les droits économiques, sociaux et culturels de leur propre peuple. Et j'ai également pu lire que la crise financière était loin d'être l'unique cause de cette situation.

Des articles/émissions que j'ai trouvé intéressant(e)s sur le sujet:

- Polémique: Les sans-abris utilisés comme bornes wifi (voir cet article)


5 commentaires:

  1. J’ai posé les pieds sur le sol de San Francisco le 6 septembre. Aussi étonnée que toi par le nombre exorbitant d’SDF, drogués et autres..
    Ce matin je marchais d’un pas pressé pour me rendre au travail, je me retrouve face à une personne à laquelle je ne prête pas attention puisque j’ai le regards fixé sur mon bus en priant pour que je l’ai. Et là je reçois un énorme coup sur l’avant de l’épaule. Surprise, il venait tout droit de cette SDF-droguée en face de moi qui était maintenant en train de me crier dessus qu’il fallait pas que je passe devant elle. Je m’excuse (que faire d’autre ?), mais elle continue de me crier dessus en hurlant. Apres 80 sorry et un pas rapide, elle lâche l’affaire.

    C’est la en arrivant au travail que j’ai cherché des réponses à ma question « pourquoi y a-t-il autant d’SDF a SF ? ». Et je suis tombée sur ton blog. J’ai eu un petit sourire aux lèvres lorsque tu parles de celui sur sa caisse en plastique car je crois que je sais parfaitement de qui tu parles.

    Je suis comme toi, je ne comprends pas comment il peut y avoir autant d’SDF dans cette ville. Surtout dans les endroits touristiques comme union square et Powell. Mais ce qui me dérange finalement, ce n’est pas justement ce monsieur sur sa caisse qui agite son gobelet quand on passe à sa hauteur, mais tous les autres, en manque de drogues ou le cerveau complètement retournés et qui sont vraiment imprévisibles. Tous les 10 mètres je me demande « Et lui que va-t-il faire ? Est-ce que je dois m’écarter ? ». Au final, je ne me sens pas en sécurité, à moins qu’il soit 12h et que je sois en train de remonter Powell Street.

    En tout cas je te souhaite bonne continuation a SF.

    Laurie

    RépondreSupprimer
  2. Hello,

    étant en vacances en Californie avec mon ami, je suis trés surprise par ce mélange de genres, auquel je ne suis pas habituée en France, où les sans-abris sont là mais moins "omniprésents".
    Grâce à ton article, je comprends mieux la situation car jusqu'à présent, mon ami et moi étions totalement déroutés, voir flippés...nous sommes du côté d'Ellis Street à un paté de maison d'un Larkin street où s'amasse (surtout le soir) un paquet de jeunes et moins jeunes devant l'entrée. Nous sommes obligés de passer devant pour rejoindre la station de bus sur Van Ness av, et je dois avouer que je ne suis pas hyper rassurée, et surtout le soir, où l'on croise des types allongés sur le trottoir en train de fumer du crack...En même temps, malgré la détresse et la misère de ses gens, aucun ne nous a mal regardé, agressé, seulement demandé un peu de cash. Mais vu les tocs et regards de certains, je comprends mieux grâce à cette histoire concernant les hôpitaux psychiatriques...Quelle tristesse!
    The american dream or not...

    Merci pour ces réponses en tout cas!

    Claire

    RépondreSupprimer
  3. Et voyez-vous, un ami... enfin... qui vit à SF m'a expliqué que c'était le gouvernement local démocrate a invité les SDF de tout le pays s'installer à SF. Donc, tout ça c'est la faute aux Démocrates... Oui, il était sérieux quand il me le disait.

    RépondreSupprimer
  4. Si il y'a autant de SDF à SF c'est pas ce que la Mairie les accueilles et leurs donne de l'argent par mois (malheureusement ils vont s'acheté du crack avec..)

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour actuellement à sf en visite
    Choqué comme vous par ce paysage j'en es même décidé à ne voir que le golden Gate et repartir vers long beach ville de départ de mon voyage de 3 semaine. Choqué limite très apeuré par moment.

    RépondreSupprimer